Djeddah : Carrefour Mondial des Câbles Sous-Marins

Géométrie de l'emplacement : Profondeurs, Rivages, Navigation
Jeddah, située sur la côte de la mer Rouge, est l'un des principaux pôles de l'infrastructure mondiale de communication sous-marine. La géographie de la région oblige les câbles à converger dans un espace étroit en raison d'une combinaison unique de facteurs naturels et économiques. Tout d'abord, les zones relativement peu profondes de la mer Rouge ont des profondeurs permettant une pose de câbles sécurisée, évitant les coûts excessifs liés au forage en haute mer. Ensuite, les rivages de la région, en particulier ceux de l'Arabie Saoudite, sont idéaux pour la construction de stations de câbles grâce à une plateforme géologique stable et à l'absence de risques tectoniques significatifs. Enfin, la mer Rouge est traversée par l'une des routes maritimes les plus fréquentées au monde, reliant l'Europe à l'Asie via le canal de Suez, faisant de cette région non seulement un pôle de communication, mais aussi un centre logistique.
Ce qui est encombré : 18 câbles dans un corridor
Dans la zone de Jeddah, 18 câbles sous-marins convergent, assurant la connectivité entre trois continents : l'Europe, l'Asie et l'Afrique. Parmi eux figurent des géants comme 2Africa (45 000 км), l'un des câbles les plus longs au monde, reliant 33 pays, et FLAG Europe-Asia (28 000 км), qui relie directement l'Europe et l'Asie. Passent également par ce corridor Asia Africa Europe-1 (AAE-1, 25 000 км), PEACE Cable (25 000 км), SeaMeWe-5 (20 000 км), SeaMeWe-4 (20 000 км), IMEWE (12 091 км), et d'autres. Ces câbles fournissent une connectivité internet à des dizaines de pays, notamment l'Égypte, Oman, l'Arabie Saoudite, l'Italie, l'Afrique du Sud, l'Inde et la Chine. Notamment, même les câbles relativement courts comme Saudi Arabia-Sudan-1 (333 км) et Saudi Arabia-Sudan-2 (330 км) jouent un rôle important dans la distribution du trafic entre les régions.
Corridors alternatifs : Pourquoi ils ne sont pas utiles
À première vue, des routes alternatives pour les câbles sous-marins existent. Par exemple, les câbles pourraient contourner la mer Rouge via les eaux méridionales de l'océan Indien ou opter pour des chemins septentrionaux à travers la Turquie et la Russie. Cependant, ces options présentent des limitations importantes. Les routes méridionales augmentent considérablement la longueur des câbles, entraînant des coûts de projet plus élevés et une latence accrue du signal. Les chemins septentrionaux, tels que les routes passant par l'Arctique ou la mer Caspienne, sont confrontés à des risques politiques et climatiques, notamment des conditions glaciales et une instabilité géopolitique. En conséquence, Jeddah reste la seule option viable pour la plupart des câbles dorsaux reliant trois continents.
Scénario de rupture étape par étape
Que se passe-t-il en cas de rupture massive de câbles dans la zone de Jeddah ? Dans les premières heures suivant l'incident, le trafic internet sera redirigé via les routes opérationnelles restantes, entraînant une augmentation significative de la latence (RTT) et une réduction de la bande passante. Par exemple, les utilisateurs en Europe accédant à des ressources en Asie pourraient constater un temps de réponse doublé ou triplé. Dans les jours suivants, les opérateurs commenceront à utiliser des routes de secours, telles que des détours via l'Afrique du Sud ou des trajectoires plus longues via les océans Atlantique et Pacifique. Cependant, il s'agit d'une solution temporaire, car ces routes ne sont pas conçues pour gérer le volume total de trafic. La réparation des câbles affectés pourrait prendre de plusieurs jours à plusieurs semaines, en fonction de l'étendue des dégâts et des conditions météorologiques pour les navires de pose de câbles.
Ce que GeoCables surveille
GeoCables surveille de près la situation dans la zone de Jeddah, y compris l'état des 18 câbles passant par ce point de convergence. Nous suivons la latence (RTT) et toute anomalie, comme les ruptures enregistrées ou les détériorations de la qualité de connexion. Au cours des 30 derniers jours, trois écarts significatifs dans les performances des câbles ont été enregistrés dans cette zone. Nous surveillons également les mouvements des navires dans la région, car les ancres et les chalutiers restent l'une des principales menaces pour l'infrastructure sous-marine. Nos données aident les opérateurs de câbles et les fournisseurs d'accès internet à réagir rapidement aux incidents et à en minimiser l'impact.
| Câble | Longueur | RFS | RTT actuel | Base | État |
|---|---|---|---|---|---|
| 2Africa | 45,000 km | 2024 | 171 ms | 175 ms | nominal |
| India Europe Xpress (IEX) | 9,775 km | 2026 | 121 ms | - | nominal |
| IMEWE | 12,091 km | 2010 | - | - | nominal |
| SeaMeWe-5 | 20,000 km | 2016 | - | - | nominal |
| SeaMeWe-4 | 20,000 km | 2005 | 252 ms | 250 ms | nominal |
| Asia Africa Europe-1 (AAE-1) | 25,000 km | 2017 | - | - | nominal |
| FALCON | 10,300 km | 2006 | 100 ms | - | nominal |
| FLAG Europe-Asia (FEA) | 28,000 km | 1997 | 243 ms | 253 ms | nominal |