25,000 km · 20 Points d'atterrissage · 18 Pays · Mise en service: 2017
| Longueur | 25,000 km |
|---|---|
| Statut | En service |
| Mise en service | 2017 |
| Points d'atterrissage | 20 |
| Pays | 18 |
| Emplacement |
|---|
| Abu Talat, Egypt |
| Aden, Yemen |
| Al Bustan, Oman |
| Bari, Italy |
| Cape D’Aguilar, China |
| Chania, Greece |
| Djibouti City, Djibouti |
| Doha, Qatar |
| Fujairah, United Arab Emirates |
| Jeddah, Saudi Arabia |
Mesuré du 2026-03-01 au 2026-05-11 — RTT ICMP via les sondes RIPE Atlas. Recalculé quotidiennement à partir des données brutes. ✓ Aucune anomalie détectée sur la période.
| Sonde | Emplacement | Mesures | Moy. |
|---|---|---|---|
| #1011228 | RIPE Atlas | 90 | 232.4 ms |
Basé sur 47 mesures RIPE Atlas issues de l'infrastructure de surveillance GeoCables, mars–avril 2026.
AAE-1 — Asia-Africa-Europe-1 — est l'un des plus grands systèmes de câbles sous-marins en exploitation. Il a été mis en service en 2017 par un consortium de 19 opérateurs de télécommunications, allant de China Unicom et Reliance Jio à Telecom Egypt et Pakistan Telecommunications Company. Ses 25 000 kilomètres de fibre desservent 14 pays via 20 stations d'atterrissement distinctes, s'étendant de Sihanoukville, sur la côte cambodgienne, à Marseille, sur la Méditerranée française.
De Vung Tau, au Viêtnam, à Marseille, en France — la seule direction actuellement exercée par nos sondes sur AAE-1 — le temps d'aller-retour minimal observé est de 211,44 ms. Le plancher théorique imposé par la physique pour le trajet complet de 25 000 km est de 244,67 ms. Notre mesure correspond à 0,864× ce plancher, ce qui signifie que le chemin entre le Viêtnam et la France emprunte environ 86 % de la fibre totale du câble — le sous-ensemble qui inclut la traversée égyptienne, mais pas les branches de la mer Rouge vers l'Arabie Saoudite ni l'embranchement de l'océan Indien vers Mumbai.
Tout câble reliant l'Asie à l'Europe doit faire face au même problème géographique : la masse continentale eurasiatique s'interpose entre l'océan Indien et la Méditerranée, et la seule voie maritime directe les reliant est le canal de Suez. Mais les câbles sous-marins ne passent pas par le canal de Suez. Ils le franchissent par-dessus.
Les deux points d'atterrissement égyptiens d'AAE-1 — Zafarana sur la côte de la mer Rouge et Abu Talat sur la côte méditerranéenne — ne sont pas des extrémités redondantes. Ils constituent tous deux les terminus d'un câble unique. La fibre optique posée sur les fonds de la mer Rouge arrive à Zafarana, est extraite de l'eau, traverse 200 kilomètres de désert égyptien sur une fibre terrestre exploitée par Telecom Egypt, puis replonge en mer à Abu Talat pour continuer vers le nord à travers la Méditerranée en direction de l'Italie, de la Grèce et de la France.
Telle est l'architecture de chaque câble sous-marin reliant l'Asie à l'Europe. L'isthme de Suez, large de 150 kilomètres, est une voie navigable pour les navires ; il n'est pas, et n'a jamais été, un corridor pour la fibre optique immergée. Les câbles traversent l'isthme de Suez par voie terrestre, en utilisant le réseau terrestre de Telecom Egypt comme relais obligatoire. L'Égypte constitue, pour l'internet mondial, un goulot d'étranglement géographique que chaque paquet de données Asia-Europe doit physiquement traverser.
| Point d'atterrissement égyptien | Côte | Rôle |
|---|---|---|
| Zafarana | Mer Rouge | Terminus côté asiatique ; reçoit la fibre depuis Djeddah, Aden, Djibouti |
| Abu Talat | Mer Méditerranée | Terminus côté européen ; assure le transfert vers la Grèce, l'Italie, la France |
Ce n'est pas un hasard si Telecom Egypt figure parmi les 19 co-propriétaires d'AAE-1. Elle exploite la fibre terrestre qui relie les deux segments de câble sous-marin et facture — comme tout détenteur d'une infrastructure critique le ferait — ce service à titre commercial. Chaque opérateur d'AAE-1 paie à Telecom Egypt la traversée égyptienne dans le cadre de sa quote-part de capacité, et ces revenus de transit sont structurellement garantis quelle que soit la quantité de trafic transportée par le câble, car les itinéraires alternatifs (contournement de l'Afrique via le cap de Bonne-Espérance, ou transit terrestre par la Russie et l'Asie centrale) sont nettement plus longs, plus lents et, dans certains cas, politiquement inaccessibles.
La liste des propriétaires d'AAE-1 constitue une véritable cartographie des télécommunications eurasiatiques : China Unicom, Djibouti Telecom, Hyalroute, Metfone, Mobily (Arabie Saoudite), National Telecom (Thaïlande), OTEGLOBE (Grèce), Ooredoo (Qatar), PCCW (Hong Kong), Pakistan Telecommunications Company, Reliance Jio (Inde), Retelit (Italie), TIME dotCom (Malaisie), TeleYemen, Telecom Egypt, VNPT International (Viêtnam), Viettel Corporation (Viêtnam), Zain Omantel International et e& (Émirats arabes unis).
C'est le modèle classique du consortium multi-propriétaires pour les câbles internationaux — le même schéma que celui observé pour SAT-3/WASC (32 propriétaires) et des câbles bien plus anciens. Ce qui distingue AAE-1, c'est que son millésime 2017 le place précisément à la charnière de l'ère des hyperscalers : au moment de la mise en service d'AAE-1, Google posait déjà Unity/EAC-Pacific et planifiait Equiano, tandis que Meta préparait Malbec. AAE-1 est l'un des derniers grands câbles intercontinentaux construits selon le modèle purement consortial des opérateurs télécom, avant que le capital des hyperscalers et les architectures à propriétaire unique ne s'imposent sur des routes de cette envergure.
Les 14 juridictions nationales traversées par le câble multiplient la complexité commerciale et réglementaire. Chaque atterrissement nécessite une licence locale, une exploitation locale de la station d'atterrissement, une conformité réglementaire locale et, de plus en plus, un examen gouvernemental local des participations. L'Égypte, l'Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, Oman, le Yémen et Djibouti — six des 14 pays — ont des gouvernements qui scrutent activement la propriété des câbles sous-marins sous l'angle de la sécurité nationale. Obtenir simultanément les 14 approbations, entre 2014 et 2017, a exigé la mise en place d'une structure consortiale multi-parties permettant de répartir le risque entre des opérateurs entretenant des relations politiques diversifiées.
Le trajet Viêtnam–France capturé par nos 47 mesures correspond à un sous-arc spécifique d'AAE-1. Le trafic depuis Vung Tau entre dans le câble à l'extrémité asiatique du Sud-Est, traverse la Thaïlande (points d'atterrissement de Satun et Songkhla), contourne Singapour via des interconnexions régionales, traverse l'océan Indien en passant les points d'atterrissement indiens, remonte la mer Rouge jusqu'à Zafarana, traverse l'Égypte sur la fibre terrestre de Telecom Egypt, replonge en mer à Abu Talat, longe la Méditerranée au-delà de l'Italie et de la Grèce, et aboutit enfin à Marseille. Longueur physique du trajet : environ 20 000 km — ce qui correspond à notre temps d'aller-retour minimal de 211,44 ms.
L'écart-type de 14,09 ms relevé sur 47 mesures est faible pour un câble de cette envergure. Un câble de 25 000 km comptant 19 opérateurs et 20 points d'atterrissement offre des dizaines de variantes de routage possibles au niveau BGP, et nos mesures montrent que la convergence vers un chemin unique est suffisamment marquée pour que la variance reste inférieure à 6 % de la valeur de référence. Voilà ce à quoi ressemble un câble sous-marin mature en sa neuvième année d'exploitation : le routage est stabilisé, les opérateurs ont convergé vers des chemins préférentiels, et le câble délivre de manière fiable les performances prévues lors de sa conception.
AAE-1 est l'un des nombreux câbles majeurs en compétition pour le trafic Asie-Europe, aux côtés de la famille FLAG Europe-Asia (1997, câble pionnier du corridor de Suez), de SeaMeWe-6 (2026, dernière génération SeaMeWe), d'EIG (2011) et d'India-Europe Xpress (2026, financé par Meta). Tous traversent l'Égypte — tous paient à Telecom Egypt la même traversée terrestre de l'isthme. Ce qui différencie ces câbles, ce sont leurs points d'atterrissement spécifiques, leur capacité et leur structure de propriété, et non leur géographie fondamentale.
Ce qu'AAE-1 offre que les autres n'ont pas, c'est la combinaison spécifique de 20 points d'atterrissement, donnant à chacun de ses 19 co-propriétaires des points de présence individuels sur l'ensemble du corridor. Pour un opérateur tel que Telecom Egypt ou Ooredoo, cette présence revêt une valeur stratégique qui dépasse les simples indicateurs de capacité — elle les positionne comme parties prenantes en matière d'infrastructure au sein d'un système intercontinental, avec une participation en capital, et pas seulement une relation client.
Deux points. Premièrement, l'éventuel impact de l'instabilité en mer Rouge sur la capacité utilisable du câble. La mer Rouge a connu de multiples ruptures de câbles en 2023-2024, dues au trafic maritime et à des conflits régionaux ponctuels ; le segment d'AAE-1 en mer Rouge emprunte cette même zone géographique, et une perturbation significative contraindrait le trafic à emprunter des itinéraires alternatifs plus longs (soit le contournement de l'Afrique, soit le transit terrestre par la Russie et l'Asie centrale). Deuxièmement, la question de savoir si la tarification de la fibre terrestre de Telecom Egypt demeure compétitive. L'Égypte mène depuis plusieurs années des négociations actives en vue d'augmenter ses revenus de transit auprès des opérateurs de câbles sous-marins, et toute modification substantielle affecterait simultanément l'économie commerciale de l'ensemble des câbles Asie-Europe.
| Statut | ✓ Normal |
|---|---|
| RTT | 214.73 ms / base 217.20 ms |
| Vérifié le | 2026-05-11 14:30 |
Surveillance via les sondes RIPE Atlas. Ouvrir le monitoring →
| Min | Moy | Max | # | |
|---|---|---|---|---|
| 7 jours | 214.7 | 215.8 | 218.0 | 9 |
| 30 jours | 211.0 | 226.1 | 283.5 | 35 |
| 60 jours | 211.0 | 232.4 | 341.5 | 90 |
Trouvez la distance réelle par câble entre deux villes
Ouvrir le calculateur →