Connectivité de l'Iran : Câbles sous-marins et points d'atterrissage
L'Iran est connecté au réseau internet mondial via sept câbles sous-marins, qui disposent de points d'atterrissage dans des villes côtières telles que Bandar Abbas, Bushehr, Chabahar, Jask, Khark, et d'autres. L'isolement global du pays est évalué à 40 sur 100 selon l'indice GeoCables, ce qui indique une vulnérabilité modérée de l'infrastructure. Certains câbles, tels que FALCON (10 300 км, RFS 2006) et GBICS/MENA (5 270 км, RFS 2012), assurent une connectivité à travers le golfe Persique et au-delà. Cependant, une part importante des itinéraires est concentrée en un nombre limité de points, augmentant les risques en cas de pannes ou de blocages.
Des câbles régionaux courts, tels que UAE-Iran (170 км, RFS 1992) et Kuwait-Iran (380 км, RFS 2005), jouent un rôle crucial dans le maintien d'une connectivité stable avec les pays voisins. Néanmoins, l'absence de routes de secours majeures rend l'infrastructure internet de l'Iran relativement fragile par rapport aux réseaux plus diversifiés d'autres pays.
Régulation et contrôle de l'internet
L'Iran est connu pour sa stricte régulation du trafic internet, incluant la censure DNS et le blocage de contenu. Bien que GeoCables ne réalise pas de mesures directes de la censure en Iran en raison de l'absence de points de test, il est largement reconnu que le pays filtre activement l'accès aux ressources internationales. Les câbles sous-marins, tels que le POI Network (400 км, RFS 2012), peuvent être techniquement surveillés via des stations terrestres où le trafic est soumis à une surveillance.
Les autorités investissent également dans le développement d'un réseau national d'information, réduisant la dépendance aux câbles internationaux. Cependant, cette approche accroît l'isolement et peut limiter l'accès aux ressources mondiales, notamment en période de crise.
Conflits et leur impact sur l'infrastructure
L'Iran est situé dans une région marquée par de fortes tensions géopolitiques. Au cours des 60 derniers jours, des rapports ont fait état de frappes militaires et d'échanges d'accusations entre les États-Unis et l'Iran, bien qu'aucun impact direct sur les câbles sous-marins n'ait été enregistré. Des villes géographiquement significatives telles que Téhéran, Ispahan et Bandar Abbas sont surveillées par GeoCables en tant que zones de conflit potentielles. Cependant, aucune alerte active ni perturbation de la connectivité n'ont été observées jusqu'à présent.
Historiquement, les protestations et les troubles internes ont également affecté l'accès à internet, y compris des coupures temporaires. Ces mesures visent généralement à restreindre la diffusion d'informations, mais peuvent également entraver l'utilisation des câbles sous-marins pour la connectivité internationale.
Points de congestion et vulnérabilités de l'infrastructure
Les principaux risques pour la connectivité de l'Iran sont liés au nombre limité de points d'atterrissage des câbles sous-marins. Par exemple, Bandar Abbas et Jask servent de plaques tournantes clés pour plusieurs itinéraires, notamment FALCON et GBICS/MENA. En cas de dommage sur un câble ou de blocage dans une station terrestre, une part importante du trafic international pourrait être perturbée ou complètement interrompue.
De plus, la proximité des itinéraires avec des zones de conflit dans le golfe Persique crée un risque supplémentaire. Tout incident dans les eaux pourrait affecter l'intégrité physique des câbles. Les pays voisins, tels qu'Oman et les Émirats arabes unis, agissent comme des plaques tournantes pour une part importante du trafic, mais leur position géopolitique pourrait compliquer la coopération en période de crise.
Ce que GeoCables surveille
GeoCables surveille les sept câbles sous-marins connectant l'Iran au réseau international. Une attention particulière est portée aux itinéraires de FALCON, GBICS/MENA et du POI Network. Nous observons également les zones de conflit dans des grandes villes telles que Téhéran, Ispahan et Shiraz pour suivre tout changement de connectivité.
Actuellement, le niveau d'alerte pour l'Iran reste à zéro, indiquant la résilience de l'infrastructure existante. Cependant, compte tenu des facteurs géographiques et politiques, les risques potentiels d'isolement demeurent élevés.
A créé GeoCables pour surveiller les câbles sous-marins en temps réel. Exploite un réseau privé de 4 serveurs de mesure avec des sondes RIPE Atlas à Minsk, Almaty, Tbilissi et Jérusalem.