Comment la géographie et le régime influencent-ils l'internet en Guinée-Bissau
Connectivité du Guinée-Bissau : un câble maritime et une voie terrestre comme solution de rechange
Le Guinée-Bissau est connecté à l'infrastructure internet mondiale uniquement par un seul câble sous-marin - Africa Coast to Europe (ACE). Ce câble, mis en service en 2012, a une longueur de 17 000 km et relie l'Afrique occidentale à l'Europe. La seule pointe d'accès dans le pays se trouve à Suro. Dans notre indice de résilience, le Guinée-Bissau obtient 25 sur 100 et est classé dans la catégorie «canaux terrestres» : le pays maintient son internet par mer grâce à un seul câble, mais il dispose de voisins terrestres, que nous ne mesurons pas et donc ne prenons pas en compte. Le sens pratique est simple : une coupure du ACE n'oblige pas nécessairement le pays à se retrouver sans internet, mais oblige le trafic à emprunter des itinéraires terrestres - plus longs et coûteux.
En différence avec les pays ayant plusieurs connexions câblées, le Guinée-Bissau n'a pas de routes alternatives. Cela la rend dépendante d'un seul élément infrastructurale ainsi que de la stabilité des pays transitaires par lesquels passe le trafic.
Régime et censure : données limitées
Guinée-Bissau est connue pour sa situation politique instable. Cependant, GeoCables ne mesure pas la censure directement car il n'y a pas de points d'observation dans le pays. Selon les informations publiques disponibles, des restrictions sur l'accès à Internet ont été observées lors de périodes de crises politiques passées. Néanmoins, il n'existe aucune preuve confirmée d'une censure massive ou systématique du trafic.
La seule pointe d'ancrage ACE dans le pays pourrait théoriquement servir d'instrument pratique pour le contrôle du trafic Internet. Cependant, l'absence de routes alternatives rend l'intervention sur le câble risquée même pour les autorités, car cela pourrait entraîner une perte totale de la connexion avec le monde extérieur.
Événements récents : nouvelle constitution
Dans un contexte d'un référendum récemment approuvant une nouvelle constitution qui élargit les pouvoirs du président, le pays traverse des changements politiques. Bien que l'influence directe sur la connectivité Internet n'ait pas été observée pour le moment, une augmentation du contrôle de la part des autorités pourrait avoir un impact indirect sur la gestion de l'infrastructure Internet. Dans les conditions d'une monopole sur le seul câble, ces changements nécessitent une surveillance attentive.
Risques et points faibles de l'infrastructure
Risque principal pour la Guinée-Bissau : l'absence de diversification de l'infrastructure câblée. En cas de coupure ou de dommage au cable ACE, le pays serait complètement isolé du internet. Cette vulnérabilité est renforcée par sa localisation géographique : les pays voisins comme la Guinée et le Sénégal jouent le rôle de transit pour le trafic international, ajoutant ainsi une dépendance à leur stabilité infrastructurale.
Les câbles sous-marins souffrent souvent des facteurs naturels tels que les séismes, ou d'activités humaines, y compris les dommages causés par l'ancre et les actions illégales. En cas de Guinée-Bissau, même une panne temporaire du cable ACE pourrait avoir des conséquences importantes pour l'économie et les communications.
Monitoring de GeoCables
GeoCables surveille le statut du câble ACE, y compris sa section passant par la Guinée-Bissau. Nous enregistrons des données sur l'état du câble, les retards et d'autres paramètres qui permettent une évaluation rapide de la situation en cas de problèmes. Notre plateforme fournit des informations analytiques sur l'état des principaux itinéraires, ce qui est particulièrement important pour les pays comme la Guinée-Bissau, très isolés.
Au view des vulnérabilités infrastructurales actuelles du pays, il est important de développer des routes supplémentaires de connexion à Internet. Cela réduirait les risques liés à la dépendance d'un seul câble sous-marin.