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Analyse de route

Pourquoi le trafic Internet entre Israël et l'Afrique du Sud passe par Londres

📍 London, GB: le nœud où le trafic fait un détour

À première vue, la transmission de données entre Jérusalem, Israël, et Amanzimtoti, Afrique du Sud, pourrait sembler directe et efficace : la distance en ligne droite entre ces deux points est de 6899 km, ce qui suggère un temps de transit minimal (RTT) de 69 millisecondes, en supposant la vitesse de la lumière dans une fibre optique. Cependant, les mesures de GeoCables montrent que le trajet du trafic s'écarte considérablement du chemin optimal, atteignant 243 ms de RTT, soit presque quatre fois la limite physique. Au lieu d'un itinéraire direct, les paquets sont d'abord acheminés via Londres, Royaume-Uni, avant de redescendre vers Durban, Afrique du Sud, augmentant ainsi la distance de 3557 km au-delà de la ligne droite.

🇮🇱Tel Aviv5 ms🇬🇧London73 ms🇿🇦Durban245 ms
Direct ~6 899 km · réel ~13 103 km · ×1.9

Pourquoi l'itinéraire passe-t-il par Londres ?

Les principaux fournisseurs de réseaux impliqués dans le routage, AS1680 (Cellcom Fixed Line Communication L.P) en Israël et AS37468 (Angola Cables), jouent un rôle clé dans cet itinéraire inhabituel. Cellcom, en tant qu'opérateur local en Israël, transmet les données vers les points d'échange les plus proches, mais l'absence de connexions directes avec les opérateurs sud-africains oblige le trafic à emprunter des routes de transit via de grands nœuds internationaux. Londres, étant l'un des plus grands points d'échange de trafic en Europe, offre des opportunités de peering pratiques pour le réseau Angola Cables, qui achemine ensuite les données vers l'Afrique du Sud. C'est un exemple typique de l'économie du transit : les réseaux choisissent un itinéraire non pas en fonction de la logique géographique, mais en fonction de la disponibilité et du coût des interconnexions.

Conséquences pratiques pour les utilisateurs

243 ms de RTT représentent un délai significatif qui peut avoir un impact notable sur l'expérience utilisateur. Par exemple, pour les appels vidéo, un tel délai entraîne des pauses perceptibles et une diminution de la qualité de la communication. Dans les jeux en ligne, où une réaction rapide est essentielle, un délai supérieur à 100 ms est déjà considéré comme critique, et 243 ms rendent le jeu pratiquement injouable. Pour les traders travaillant avec des bourses ou d'autres services très sensibles au temps, de tels délais peuvent signifier des opportunités manquées. Les services cloud, comme le travail sur des documents ou des applications, souffrent également : le temps de réponse augmente considérablement, ce qui réduit la productivité.

Contexte infrastructurel : pourquoi le trafic de la région prend-il des détours ?

À première vue, Israël et l'Afrique du Sud pourraient échanger du trafic via des câbles sous-marins dans la mer Rouge et l'océan Indien. Cependant, la réalité est plus complexe. L'absence de connexions directes entre les opérateurs de ces régions oblige les données à emprunter des chemins détournés. Londres joue le rôle de "carrefour" de l'internet mondial grâce à son infrastructure développée et à de nombreux accords de peering. Les systèmes de câbles, tels que WACS (West Africa Cable System) et SAT3/WASC, qui relient l'Afrique du Sud à des nœuds internationaux, jouent également un rôle dans le choix de l'itinéraire, mais leur configuration ne permet pas une connexion directe avec Israël.

Événements réels à proximité de l'itinéraire

Le suivi de GeoCables a enregistré plusieurs phénomènes naturels qui auraient pu affecter l'infrastructure internet dans la région. Par exemple, le 22 avril 2026, un niveau de menace d'inondation "vert" a été observé en Turquie, à environ 477 km de l'itinéraire. En juin, des inondations ont également été signalées aux Pays-Bas (le 30 juin, à 356 km de l'itinéraire) et en Belgique (le 23 juin, à 367 km de l'itinéraire). Cependant, l'analyse des données de GeoCables montre que la cause du détour est exclusivement liée au routage et non à ces événements. Néanmoins, ils soulignent la complexité et la vulnérabilité de l'infrastructure mondiale, en particulier dans les régions à haut risque de catastrophes naturelles.

Conclusion

Cet exemple illustre clairement comment l'économie du transit et les accords inter-réseaux façonnent les itinéraires de l'internet, souvent loin du chemin géographique optimal. GeoCables continue d'analyser ces itinéraires, aidant les opérateurs et les utilisateurs à comprendre pourquoi leurs données peuvent parcourir la moitié du globe, même lorsque la proximité physique des points semble évidente. Dans un contexte de demandes croissantes en matière de vitesse et de stabilité d'internet, comprendre ces processus devient crucial pour améliorer le réseau mondial.

Evgeny K.
Auteur
Evgeny K.
Ingénieur infrastructure · Fondateur de GeoCables
A créé GeoCables pour surveiller les câbles sous-marins en temps réel. Exploite un réseau privé de 4 serveurs de mesure avec des sondes RIPE Atlas à Minsk, Almaty, Tbilissi et Jérusalem.

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