1,100 km · 2 Points d'atterrissage · 2 Pays · Mise en service: 2015
| Longueur | 1,100 km |
|---|---|
| Statut | En service |
| Mise en service | 2015 |
| Points d'atterrissage | 2 |
| Pays | 2 |
| Emplacement |
|---|
| Kribi, Cameroon |
| Lagos, Nigeria |
Le Nigeria Cameroon Submarine Cable System (NCSCS) est un câble court à propriétaire unique qui illustre une histoire classique de l'économie de l'Internet africain : une fibre de 1 100 kilomètres reliant deux voisins dont la latence réelle, mesurée depuis l'extérieur, dépend bien plus du routage commercial que de la physique. Nos 93 mesures sur 30 jours révèlent un câble qui fonctionne parfaitement dans une direction et chaotiquement dans l'autre — un écart qui ne peut pas s'expliquer par la fibre elle-même.
| Spécification | Valeur |
|---|---|
| Longueur | 1 100 km |
| Mise en service | 2015 |
| Atterrissements | Kribi (Cameroun), Lagos (Nigeria) |
| Propriétaire | Camtel (100 %) |
NCSCS est inhabituel pour deux raisons. Premièrement, il appartient entièrement à un seul opérateur — Cameroon Telecommunications (Camtel), l'opérateur historique partiellement détenu par l'État camerounais. La plupart des câbles africains de longueur et d'époque comparables sont construits par consortium. Deuxièmement, c'est un câble point-à-point : deux atterrissements seulement, dans deux pays qui disposent déjà de plus de capacité câble via des systèmes de consortium plus grands. NCSCS existe spécifiquement pour offrir à Camtel — et à travers Camtel, au Cameroun — une voie directe et contrôlée par le Cameroun vers Lagos, le plus grand point d'échange Internet d'Afrique de l'Ouest, sans dépendre des termes de peering offerts par les câbles de consortium.
Sur le papier, c'est une stratégie commerciale saine. Un opérateur national qui possède son propre câble international n'est pas soumis aux décisions tarifaires de ses voisins. En pratique, comme le montrent nos données, la propriété du câble ne garantit pas qu'il soit effectivement utilisé pour chaque paquet.
Nous mesurons NCSCS dans les deux sens entre ses deux atterrissements. Les résultats sont frappants :
| Direction | Mesures | RTT min | RTT moy | RTT max | Référence | Ratio |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Lagos → Kribi | 28 | 19,9 ms | 20,3 ms | 23,2 ms | 20,3 ms | 1,00 |
| Kribi → Lagos | 54 | 20,0 ms | 242,9 ms | 383,0 ms | 229,8 ms | 1,51 |
Ce sont des mesures des mêmes deux points extrêmes, allant dans des sens opposés sur la même fibre sous-marine. Si le câble était utilisé de manière symétrique, on s'attendrait à ce que les deux lignes se ressemblent : minimums proches du plancher physique de 10,8 ms (le câble fait 1 100 km, donc la pure vitesse de la lumière dans le verre donne ~11 ms de RTT minimum), moyennes proches des minimums, petits écarts types.
La ligne Lagos → Kribi est exactement cela : 28 mesures fiables, minimum 19,9 ms, moyenne 20,3 ms, ratio 1,00 par rapport à sa propre ligne de base stable. Le paquet prend le câble, arrive, revient, et notre mesure est terminée. Le minimum réel de 19,9 ms — environ le double du plancher physique — est normal pour tout câble sous-marin réel : la fibre n'est pas une ligne droite, elle a des répéteurs tous les 80 km qui ajoutent un délai de traitement, et les queues terrestres à chaque station ajoutent leurs propres sauts.
La ligne Kribi → Lagos raconte une tout autre histoire. Le minimum est aussi de 20,0 ms, ce qui signifie que le câble peut transporter le trafic rapidement dans cette direction aussi. Mais la moyenne est de 242,9 ms et le maximum de 383 ms — un ordre de grandeur de plus que le minimum. Le schéma standard, quand un câble a un minimum stable mais une moyenne chaotique, est que certains paquets prennent le chemin fibre attendu et d'autres en prennent un complètement différent. Pour qu'un minimum de 20 ms coexiste avec une moyenne de 240 ms, le chemin alternatif doit représenter environ dix à vingt mille kilomètres de fibre supplémentaires — la longueur d'un détour via l'Europe. Notre hypothèse est que le routage sortant de Camtel depuis Kribi remet périodiquement les paquets à un opérateur de transit en amont qui les fait transiter par Marseille ou Paris et les renvoie par un autre câble, au lieu de les pousser directement sur NCSCS.
Pourquoi un opérateur ferait-il cela s'il possède le câble ? Pour des raisons commerciales. Les contrats de transit en amont incluent des volumes engagés et des préférences de route qui peuvent l'emporter sur les chemins physiquement optimaux. Un opérateur comme Camtel équilibre les coûts directs (payer son propre OPEX de câble) avec des engagements contractuels (volumes de transit engagés sur des routes françaises ou britanniques qu'il faut remplir pour éviter les pénalités). Quand le second l'emporte, le câble direct est contourné.
Nous mesurons également Lagos depuis l'extérieur de l'Afrique, ce qui confirme l'histoire locale :
| Sonde source | Vers Lagos | Référence | Notes |
|---|---|---|---|
| Minsk (Biélorussie) | 154 ms | 154 ms | Stable, via l'Europe |
| Jérusalem (Israël) | 169 ms | 170 ms | Stable |
| Sébastopol (Ukraine) | 180 ms | 180 ms | Stable |
| Almaty (Kazakhstan) | 210 ms | 209 ms | Stable |
| Tbilissi (Géorgie) | 241 ms | 240 ms | Stable |
Le trafic de nos sondes distribuées vers Lagos montre des latences stables entièrement cohérentes avec un peering européen : chaque paquet va en Europe, traverse un câble d'Afrique de l'Ouest (probablement 2Africa, MainOne ou Equiano) et atterrit à Lagos. Aucun ne passe d'abord par le Cameroun. C'est le schéma dominant : pour la majeure partie du monde, l'Afrique de l'Ouest est atteinte via l'Europe. NCSCS existe pour fournir une exception localisée, pour le trafic qui est déjà dans la région — Cameroun vers Nigeria, spécifiquement.
Un câble de 1 100 kilomètres entre deux capitales voisines d'Afrique de l'Ouest devrait être un modèle d'efficacité. Il est au contraire un modèle de la proportion du trafic Internet africain qui passe encore par l'Europe, même pour des destinations juste de l'autre côté d'une frontière. L'asymétrie NCSCS que nous mesurons — 20 ms stables dans un sens, 240 ms chaotiques dans l'autre — est une empreinte directe de ce schéma. Quand le trafic provient du Cameroun, Camtel a des options de routage qui n'impliquent pas du tout NCSCS, et ces options l'emportent parfois pour des raisons commerciales. Quand le trafic provient du Nigeria (sur des réseaux qui ne sont pas Camtel), le routage de retour vers Kribi via NCSCS est le choix évident — d'où les 20 ms propres.
Ce n'est pas un échec du câble ni de Camtel. C'est le résultat rationnel d'une relation asymétrique : le Nigeria est le hub régional riche en connectivité ; le Cameroun est un marché plus petit dont l'opérateur national a pris en charge le coût d'un câble international pour préserver son autonomie. Le câble fonctionne physiquement. Son utilisation dépend de forces commerciales plutôt que physiques — et c'est exactement ce genre d'aperçu que la surveillance des câbles sous-marins, mesurée depuis plusieurs directions sur plusieurs jours, rend visible.
Données de latence en direct sur la page du câble NCSCS. Pour le contexte régional, voir 2Africa (le câble de 45 000 km mené par les hyperscalers qui atterrit à Lagos) et Maroc Telecom West Africa (un autre câble africain à propriétaire unique avec une logique stratégique similaire). Nos mesures se rafraîchissent toutes les deux heures.
| Statut | ✓ Normal |
|---|---|
| RTT | 20.44 ms / base 20.18 ms |
| Vérifié le | 2026-04-19 04:31 |
Surveillance via les sondes RIPE Atlas. Ouvrir le monitoring →
| Min | Moy | Max | # | |
|---|---|---|---|---|
| 7 jours | 20.0 | 139.2 | 288.4 | 18 |
| 30 jours | 20.0 | 241.2 | 383.0 | 52 |
| 60 jours | 20.0 | 251.2 | 383.0 | 64 |
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